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Yves Mourousi

Né en 1942 à Suresnes, décédé le 7 avril 1998

Présentateur du journal télévisé

Parcours

Mercredi 8 avril 1998,peu avant 7h15 une dépêche AFP annonce le décès d'Yves Mourousi, survenu la veille vers 20h40 à son domicile parisien.

Né à Suresne le 20 juillet 1942, il fait ses débuts de journaliste à la radio sur France Inter ou il y présente la tranche d'information de la mi-journée. On le voit pour la première fois à la télé en 1964, aux côtés de sa fiancée qui participe à l'émission "TéléTrappe".

Mais sa véritable première télé aura lieu en mai 1968 où il interroge le ministre de l'éducation nationale Alain Peyrffite. En 1975 il entre à TF1 ,où il présentera pendant 13 ans le journal de 13h00 avec à ces côtés, successivement, Claude Pierrard, Michel Denisot, Jean-Pierre Pernaud et Marie-Laure Augry.

Il apportera un changement radical aux actualités, il est en effet le premier à faire sortir le journal de son studio, avec un minimun d'un direct en extérieur par semaine. Il est le premier à faire un direct depuis la Place Rouge en ex-URSS, et ira ensuite en Pologne en 1977 et en Chine en 1979. C'est ainsi qu'à travers les quatres coins du globe il lance son célèbre "Bonjour".

Mais l'information n'est pas forcément spectaculaire à l'autre bout du monde, c'est pourquoi il présentera certains de ces journaux dans des lieux insolites, comme un bloc opératoir, d'où les télespectateurs pourront suivre en direct l'opération d'un malade à coeur ouvert. Ou bien d'une centrale nucléaire, d'un sous-marin en plongé, d'un porte-avion de la marine française. Il crée ainsi une forme d'information spectacle. A cette époque le journal télévisé de la première chaine dure une heure,avec une première partie consacré à l'actualité et présentée depuis le studio par un de ces co-présentateurs, et une deuxième partie plus tournée vers le divertissement.

L'on se souviendra de ses clins d'oeil à l'actualité, abordant tantôt le casque de la privatisation, "Bouygues", une façon de dire "je suis et je reste indépendant", tantôt l'imper du président polonais, le Général Jaruleski, dont à l'époque le 1er ministre français ne souhaitait pas la venue. En 1988, il sera remercié et remplacé par Jean-Pierre Pernaud.

On le verra alors de temps à autre sur les antennes, notament en décembre de cette même année où il organise la reconstitution du procès de Louis XVI (55% des francais l'acquiteront). Plus tard en 1990 on le retrouve au coté de Thierry Ardisson dans l'émission "Télé-Zèbre" où il présente une interwiew d'une personnalité.

Après une cérémonie dans la plus stricte intimité à l'église St Augustin à Paris, Yves Mourousi s'en ai donc allé rejoindre son épouse Véronique au cimetière Montparnasse. C'est en 1985 alors que tout le monde le disait célibataire endurci, qu'il avait épousé Véronique à Nimes. En 1992, lors du décès de celle-ci, Yves Mourousi avait déjà quitté définitivement le petit écran. Il avait alors été nomné directeur des programmes de la radio RMC au printemps 1991.

Plus tard Jean Tibéri, maire de Paris, le chargera de préparer les festivités de l'an 2000, une mission qui lui prenait tout son temps.Yves Mourousi avait décidé de se présenter aux élections municipales de 2002 à la mairie de Cannes. Le temps lui a fait défaut. sylvain01@hol.fr

Homosexualité

L’entretien exclusif qu’avait accordé Yves Mourousi à «Magazine», fanzine pédé de luxe, s’est fait un soir de février 1984 dans son appartement, rue de Rivoli. À cette époque, il régnait sur l’info à TF1 et était encore un célibataire “endurci”. 

Yves, le succès du treize heures de TF1 on le doit à ton professionnalisme ou plutôt à ton caractère ?

Je crois que c’est une question de caractère. Le grand problème de notre époque, c’est de faire comprendre à ceux qui ont été marqués par les clivages politiques ou religieux que les choses ont changé : aujourd’hui, le dialogue est possible. Et le respect doit être total, quelle que soit la personnalité des gens.

Le succès du 13 heures, en dehors du ton du journal, vient du fait que Bowie ou Nina Hagen n’excluent pas Tino Rossi.

L’information doit être d’abord une information de respect de tout et de tous.

Tu peux tout dire dans ton journal ?

Absolument tout. D’abord on ne me censure pas, parce que comme je n’écris rien, je ne prépare rien, on ne peut pas savoir ce que je vais dire. Quant à après, je peux toujours m’expliquer. Il faut savoir jusqu’à quelle limite tu peux faire avancer les choses. La provocation pour la provocation, ce n’est pas mon objectif, du moins pas à la télévision. Par contre la télévision est dix fois plus bénéfique pour l’évolution des moeurs si tu peux transporter le public un peu plus loin que son regard.

Télé 7 jours a écrit que ta vie privée était très nocturne : qu’est-ce qui t’excite la nuit ?

La nuit ne m’excite pas plus que le jour. Le problème est que j’aime bien vivre intensément, et que je n’aime pas rater quelque chose. En plus, physiologiquement, je n’ai pas besoin de beaucoup de sommeil, une à trois heures et ça va. Ça a toujours été comme ça. J’aime aller prendre un verre là où il y a des copains et dans les bars où on est habitué à me voir. On me fout la paix, personne ne me demande d’autographe.

Quels endroits précisément ?

C’est surtout le Transfert et Castel, mais ça peut être n’importe où ! Ça peut être ici à l’appartement avec des copains ! Ça dépend des vibrations du moment. 

Tu as beaucoup d’amis ?

Oui, qui n’ont rien à voir avec mon métier. Qui vont débarquer là, dans une heure, et qui sont ici chez eux.

Qu’est-ce que tu penses de la presse gay ?

Le principal c’est qu’elle existe. Mais ce que je trouve ridicule, ce sont les querelles de clocher : c’est aussi insupportable que les comportements rétrogrades du milieu hétérosexuel vis-à-vis de notre milieu, que nous dénonçons. Il n’y a rien de pire. Je ne supporte pas ces messieurs qui, sous prétexte qu’ils font “Ouah ! Ouah !” attachés à une chaîne en se faisant taper dessus par des dames, viennent dénoncer X ou Y comme étant une pédale. Mais les pédales qui se dénoncent entre elles et se montrent du doigt, ça ne vaut pas plus cher. À part ça, ce que je reproche à la presse pédé c’est que j’en ai marre des codes postaux pour envoyer des réponses aux petites annonces ! Il faudrait qu’ils aient au moins la vigueur de donner tout de suite leur rendez-vous...

Ça va ? Tu veux une bière ?...

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